Photos 14-18

Photographie argentique, colle, bois, 34 x 34 cm

J’ai reçu ces photos de ma famille. Je les accepte même si je ne les aime pas. Au moment de les recevoir j’en deviens responsable malgré qu’elles montrent une guerre, ce que je déteste. C’est la pire chose qui puisse arriver, la guerre.
Du fait de leur taille ces petites images ne montrent rien de très frappant. Mais on distingue malgré tout un cheval qui se cabre, une cheminée qui rappelle un four et quelques insignes de croix rouges.
Je me mets au travail, avec réserve, à cause du sujet. Je ne m’appuie pas sur une idée préconçue, comme par exemple celle de trouver une forme régulière. D’abord, sans rien forcer, je dépose quelques images sur une planche qui traîne à l’atelier. C’est elle qui déterminera finalement la grandeur du collage. Puis j’essaye d’organiser les photos par groupes de sujets. Mais le classement n’aboutit pas. Il se réduit a grouper quelques morts sur la rangée de droite et des chevaux sur celle du milieu. Je n’arrive pas à trouver un système qui englobe toutes les images. Je n’ai pas envie de me donner de la peine. La forme en désordre, avec le manque de tenue et d’allant, résulte du regard sur le chaos d’un conflit militaire.